LES FACHEUX:

Ah, que Molière avait raison de nommer ainsi les lurons
Qui dans nos vies nous font l’intrude de leurs fâcheuses habitudes
Mouches du coche, bourdon farouche, quand vous l’avez, ils vous décochent
Dehors aimable, toutes leurs touches, vous mettent à table, vident vos poches

Qu’ils soient fachos, nationalistes, libéraux ou péquistes
Critiques en tout, réactionnaires, je n’aime à leur croiser le fer
Tous ces intrus, ces malotrus, qui n’en a pas croisé qu’il fût
Dans un café ou soliloque et fait les frais de leurs breloques

Ça quelques huns m’ont tant fâché que j’ai cru bon de cravacher
Un peu le cul de leur monture, pour en voir sortir la mouture
Oui, autant dire qu’ils m’emmerdent, tous ces zinc-tellos, ces bourgeois
Que dans leur crottin ils se perdent, tirons la chasse, qu’ils s’y noient

Je n’oublie pas les desdémones dont la concupiscience se consomme
Celles qui vous parlent du bout des fesses et qui s’étonnent que le bas blesse
Qu’on ne les prenne avec des gants, avec des airs de gentleman
Qu’on feint le respect seulement, quand notre faim est courtisane

Fâcheux aussi sont nos amis quand leurs accents sont ennemis
Et que leurs élans fraternels sont un refrain sempiternel
Où se pèlemêlent les roses, et le vinaigre au glucose
Tous nos travers et les endroits où nos brûlots jettent un effroi

Oh, oh les fâcheux, fâchez-les un peu
Ils vous affichent ce qu’ils sont cash
Oh, oh les fâcheux, fâchez-les un peu
Plus de postiche, de fausses moustaches

Là au sommet de supplique, laissez-moi placer, je le veux
En haut tout ce qui sent le flic, la plus belle armée de fâcheux
Tout ce qui porte un uniforme, les ronds de cuir, les politiques
Curés amen-és à récurés, au nom de la norme publique

Dans cette horde toute imbécile, il n’est pas de place royale
Du simple con au général, le monstre a couronne par mille
Mais j’épargnerai les putains, tous les noyés de cette foule
Qui purifient de leur chagrin tous ces dévisseurs d’ampoules

Et pour achever ce portrait laissez-moi vous tirer ce trait
Je suis un peu fâcheux moi-même et ce trait a quelques attraits
Vu de l’arène vous me direz, cette chanson est un peu vache
Cette rumination malsaine, qu’est-ce que la mauvaise herbe cache ?
Il n’en est rien je le puis dire, qui n’ait été assez sérieux
Qu’on puisse en rire, il le faut bien, que jeunesse se fâche un peu …